La Chine célèbre la fête des bateaux-dragons chaque année le cinquième jour du cinquième mois du calendrier lunaire. Cette fête a souvent lieu en juin dans le calendrier grégorien (le 25 juin cette année). Chaque province croit en sa légende, à laquelle répondent plusieurs origines, chacune marquant une valeur fondamentale de la société chinoise. Examinons quelques-uns des mythes et coutumes les plus célèbres relatifs à la fête des bateaux-dragons.
L’histoire de QU Yuan – La force du patriotisme et de l’intégrité
L’histoire la plus célèbre sur l’origine du festival des bateaux-dragons est celle de QU Yuan. Il était notamment connu comme un homme politique honnête et loyal sous la dynastie Chu. Grâce à des conseillers corrompus, les Qin ont alors vaincu le royaume Chu. Suite à cette défaite, QU Yuan se jeta dans la rivière Miluo pour protester contre la corruption et montrer sa loyauté envers la famille royale de Chu.Pour commémorer le sacrifice de QU Yuan, les gens commencèrent à jeter du riz et d’autres offrandes dans la rivière. Cependant, certains ont remarqué que le « Jiaolong » (dragon sans cornes) qui vivait là dévorait tout. Pour y remédier, ils eurent l’idée d’envelopper le riz avec les deux choses que le Jiaolong craignait le plus : des feuilles d’absinthe et des fils de soie de cinq couleurs. La tradition de manger du « Zongzi » (粽子) est alors née.
La légende de Cao E – L’importance de la piété filiale
La légende raconte que le père de Cao E, une jeune fille de 14 ans, s’est noyé dans la rivière ShunJiang mais que personne n’a retrouvé son corps. Le cinquième jour du cinquième mois lunaire, la jeune fille décida de plonger dans la rivière pour le retrouver. Quelques jours plus tard, le corps de Cao E, enveloppant son père dans ses bras, est apparu à la surface de l’eau. Les villageois, touchés par cette démonstration de piété filiale, décidèrent de donner le nom de Cao E à la rivière et érigèrent un temple de piété filiale en mémoire de son sacrifice.
Soie et couleurs vives – Porte-bonheur traditionnel
Certains considèrent le cinquième jour du cinquième mois lunaire comme un jour de mauvais augure. La coutume veut que les gens portent des sachets de soie attachés par des cordes colorées pour éviter les malheurs ce jour-là. Les sachets contiennent généralement des herbes parfumées destinées à éloigner les insectes et les mauvais esprits. De nos jours, il est plus courant de porter des bracelets tressés avec des fils de soie de couleurs vives, souvent de cinq couleurs différentes.
La Chine : un pays en perpétuelle recherche de contextes festifs
Les Chinois aiment les célébrations de toutes sortes. Ce phénomène ne se limite pas aux fêtes célébrant des valeurs fondamentales, des traditions ou même des superstitions établies. De nouvelles opportunités continuent d’émerger, notamment pour encourager la consommation dans le pays.
Le « 520 » dont la prononciation rappelle celle de « je t’aime » en chinois (« wo ai ni ») en est l’exemple le plus récent. Cet événement est une nouvelle fête des amoureux qui a été créée de toutes pièces il y a quelques années et qui est désormais célébrée par tous les couples du pays. Le 20 mai est même devenu une date privilégiée pour les mariages en Chine. Les marques peuvent donc facilement adapter leurs campagnes au calendrier préétabli des fêtes chinoises, et pour les plus audacieuses, pourquoi ne pas tenter de lancer elles-mêmes une nouvelle célébration. Alibaba l’a fait en créant la journée des célibataires « 11.11 », tout est donc possible…
Un article de Delphine Hœur, experte Chine pour Bienvenue Factory à Shanghai, Chine






